Armand-Louis DE VISME, Maire de 1896 à 1898

La famille de Visme est originaire de Saint-Amand-des-Eaux, à la frontière avec la Belgique. Armand Louis y naît en 1855, son père et grand-père sont des pasteurs protestants, sa mère est une anglaise, fille d’un libraire de Londres. Armand-Louis devient avocat à Paris. A Eaubonne, il fait construire un petit château au lieu-dit « Le Mont d’Eaubonne » en face du château de la famille Mirabaud. Il y habite avec son frère Gaston et sa belle-sœur, plus tard il sera rejoint par sa mère. Au total il habite pendant plus de 40 ans la commune.

Il est marié depuis 1887 avec Thérèse Brouzet, d’une famille de négociants protestants venue de Suisse pour s’établir à Lyon. Ils auront deux fils nés en 1890 et 1893. Il « partait tous les matins prendre le train à Enghien dans son tilbury, accompagné de son cocher », d’après un témoignage. Peu de temps après les naissances des fils, il est élu maire d’Eaubonne, mais il écourtera son mandat. En effet, son épouse meurt en avril 1896, le laissant seul avec deux jeunes enfants de 3 et de 6 ans. Deux ans plus tard, il se remarie avec la femme de lettres Alice de Wegmann, dite Alice Véga, qui vivait à Montmorency dans l’entourage du poète allemand Heinrich Heine. Elle est une descendante de la famille Davillier d’Eaubonne.

C’est Alice qui sera comme une deuxième mère pour les garçons. Mais la tragédie frappe encore la famille de Visme : pendant la guerre de 1914-1918, les garçons Jacques et Pierre s’engagent. Ils seront tous les deux fauchés sur les champs de bataille en 1916 : Jacques à Douaumont en mars, et Pierre en septembre, à Maurepas dans la Somme. Leur père conserve la correspondance et les notes de son fils aîné, et les réunit dans une publication nommée « Carnets de Route» qu’il publie en 1927 avec une préface d’Alice. e Il est aussi historien amateur, et publie « Registres de l’église protestante d’Oisemont en Picardie, 1667-1671 », relevé des registres qui furent saisis en 1671 chez le seigneur de Bernapré parce qu’une cérémonie funèbre avait été faite avant la nuit. publié en 1888, chez Alcan Lévy, et en 1914, un Essai historique sur Eaubonne.

Quand il décède en juin 1926, Alice de Wegmann reste dans son château du Mont d’Eaubonne jusqu’à son décès en 1950, même si celui-ci est réquisitionné par les troupes Alliés de 1944 à 1953. En 1944, le conseil municipal demande l’acquisition du château et de ses terrains pour la construction du groupe scolaire du Mont d’Eaubonne et la résidence du même nom, dont les travaux commencent en 1961. Il lègue au Bureau de bienfaisance d’Eaubonne la somme de 5 000 francs. Il a également donné à la commune un terrain pour agrandir le cimetière. La statue du monument aux morts devant l’entrée du cimetière reproduit le visage de son fils Jacques. Armand-Louis est enterré au cimetière d’Eaubonne. Une salle de la nouvelle Maison des Associations d’Eaubonne, ainsi que le Fonds ancien de La Médiathèque Maurice-Genevoix portent son nom.