
Il est le neuvième Maire d’Eaubonne, il succède à Pierre-Louis Ollivier Descloseaux.
Suite au décès de son prédécesseur, le Baron de Lavenant est nommé maire en remplacement le 6 septembre 1816, fonction qu’il exerce pendant 5 ans.
Dès l’âge de 17 ans (en 1792), très inspiré par les idées de la Révolution, il s’engage dans les armées de la nouvelle République où il fait une carrière remarquée. Il devient aide de camp du général Brune en Hollande, et l’accompagne en Italie où ses faits d’armes jusqu’en 1809 lui valent un sabre d’honneur. Chef d’escadron à vingt-cinq ans, il est nommé en 1809 Chevalier d’Empire et reçoit le titre de Baron de Lavenant, Baron de Toukerb (Lettres Patentes du 6 octobre 1810).
En 1831 il est nommé Officier de la Légion d’Honneur. On peut s’interroger sur la dénomination « Baron de Toukerb » car il n’existe aucun lieu portant ce nom. En fait, de Lavenant avait pris, dès son mariage en 1809, le nom de son épouse « Teding van Berkhout » qu’il ajoute au sien, s’appelant « de Lavenant de Berkout ». A l’instar de Voltaire, il fait de ce dernier nom une anagramme, Berkout devenant Toukerb. Pourtant, ses origines modestes ne le destinaient pas à une carrière militaire aussi remarquable. Fils d’un marchand vinaigrier du Bas-Rhin, Louis Lavenant, et d’une Alsacienne, Maria Eva Jillingerin, Louis Ambroise voit le jour le 9 avril 1775 à Lauterbourg. En 1809, en pleine gloire militaire, Louis Ambroise épouse une hollandaise, fille et petite fille des bourgmestres de la ville de Delft, Johanna Pétronilla Teding van Berkhout. Sa dot permet à Louis Ambroise d’avoir ce que la carrière militaire ne lui a pas apporté : la fortune. Il prend donc sa retraite de l’armée, et se fait nommer par Monsieur, frère du Roi, le 16 mars 1816,
Colonel chef de Légion des Gardes Nationales de l’arrondissement de Pontoise, ce qui explique sans doute sa venue dans notre ville et sa nomination comme maire 6 mois plus tard. Il use de son influence pour obtenir un poste de commissaire de police à Dreux, en 1809, à son beau-frère Charles Étienne Delescluze, jusqu’alors simple agent télégraphiste à Dreux. Plus tard, cette même influence permet à Charles Étienne d’obtenir un poste aux Invalides à Paris. Mais ses neveux posent quelques problèmes au Baron : Louis-Charles Delescluze, figure politique importante du XIXe siècle et un des leaders de la Commune de Paris (mort sur les barricades en 1871), et Louis- Henri Delescluze, révolutionnaire français emprisonné à Belle-Île sous le Second Empire qui s’exile en 1854 aux États-Unis où il devient un des leaders du mouvement social francophone. Les deux neveux font appel à la générosité de Louis-Ambroise, surtout Louis-Henri qui doit abandonner son épouse et sa fille lors de son enfermement à Belle-Île. Mais le Baron de Lavenant prend ses distances avec les Delescluze, craignant d’entacher sa réputation au moment de la révolution de 1848.
En plus de la Légion d’Honneur, où il est promu Officier le 19 octobre 1831, Louis-Ambroise reçoit deux autre décorations d’importance : Officier Dignitaire de l’Ordre Hospitalier et Militaire du St Sépulcre de Jérusalem, décoré de l’Ordre de la Croix de Juillet et de la Médaille de Ste Hélène.


Son épouse meurt à Eaubonne le 8 avril 1816, après avoir donné naissance à un fils, Wilhem Henri Louis. Après 1821 Louis-Ambroise quitte Eaubonne, d’abord pour Maffliers (en 1823), puis pour rejoindre Paris. Wilhem deviendra Baron de Lavenant à son tour, après le décès à Paris de Louis-Ambroise survenu le 20 juillet 1864. Wilhem et son épouse Camille Vieyra-Molina auront quatre enfants. Le couple passe une partie de sa vie en Angleterre où Wilhem fait faillite en 1872. Une partie de sa famille est restée en Angleterre (à Lambeth, Peckham au sud de la Thamise à Londres) où résident encore de nos jours certains de ses descendants. Louis Ambroise est enterré au cimetière du Père-Lachaise dans le caveau familial (25ème Division) avec son épouse et 5 autres membres de sa famille.