
Le roi Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793, et la reine Marie-Antoinette le 16 octobre suivant. Leurs dépouilles sont sommairement jetées dans la fosse commune du cimetière de la Madeleine, en compagnie d’un millier de victimes du Tribunal révolutionnaire. Deux hommes sont témoins de ces inhumations nocturnes, parce qu’ils habitent juste à côté, au 10 rue d’Anjou. Le premier est Pierre Louis Ollivier-Descloseaux (né en 1732), ancien « officier de bouche » de l’écrivain Marivaux, devenu avocat. Le second est son gendre, Dominique Emmanuel Danjou, également avocat.
Descloseaux va s’instituer gardien de ce cimetière, en l’achetant à la République, qui l’a déclassé après la Terreur. Il fait entourer d’une haie vive l’emplacement des dépouilles royales, le couvre d’un tapis de gazon et plante des arbres pour cacher l’enclos aux regards des passants. Il entretient ce « jardin » pendant près de vingt ans, jusqu’à l’accession au trône de Louis XVIII, en 1815.

Ce dernier
fait exhumer les restes de son frère et de sa belle-soeur, les fait transférer dans la nécropole royale
de la Basilique de Saint-Denis et ordonne la construction de la Chapelle expiatoire, au 29 rue
Pasquier (Paris 8e). En reconnaissance de son dévouement, Descloseaux est décoré de l’Ordre de
Saint-Louis.
Descloseaux achète par ailleurs, en 1802, le pavillon construit à Eaubonne par l’architecte Ledoux,qui deviendra en 1913 l’Hôtel de Mézières. Il deviendra maire de la commune pendant trois mois
jusqu’à sa mort en 1816. Son gendre Danjou lui succèdera comme châtelain jusqu’en 1828 et sa
petite-fille épousera le comte d’Argence, maire de 1821 à 1824 et qui gardera le château jusqu’en 1836.