
Giandomenico Facchina (1826-1904) est un mosaïste italien originaire de la région Frioul-Vénétie. Il travaille à Trieste et Venise d’abord à la restauration de mosaïques anciennes, en particulier à la basilique Saint-Marc à Venise. Il se rend en France, à Montpellier en 1850 pour travailler à la restauration de sols anciens romains. Il dépose un brevet pour une méthode de déposes des mosaïques antiques, technique déjà utilisée par les artisans vénitiens.
Il invente un dérivé de cette technique avec un système qui permet de préparer les mosaïques en atelier avant de les poser sur place, d’où un gain de rapidité et une diminution importante du coût de production. Les tesselles (petits morceaux) sont ainsi préassemblées et collées à l’envers sur un support souple : le mur ou le sol destinés à recevoir la mosaïque sont enduits de mortier et la mosaïque est alors déposée directement en une seule fois. Cette technique rencontre un grand succès à l’Exposition Universelle de 1855 et permet ainsi à G. Facchina d’obtenir de nombreuses commandes. Il va ainsi contribuer à populariser l’emploi de la mosaïque dans l’architecture des bâtiments, notamment en France.
L’architecte Charles Garnier lui confie la décoration de l’Opéra de Paris : l’inauguration a lieu en 1878. C’est un immense succès et il obtiendra alors des commandes prestigieuses. Pour ne citer que quelques une d’entre elles uniquement à Paris : le magasin du Bon Marché, la Galerie Vivienne , le magasin Printemps Haussmann, le Grand Palais, le Sacré-Cœur, l’Opéra Comique.

Dans la Galerie Vivienne on peut voir au bord de certaines mosaïques cette inscription : « G. Facchina, mosaïste de l’Opéra. Rue Legendre n°2 bis à Paris ».


C’est une sorte de publicité pour ses ateliers. Dans des lieux remarquables les artisans plaçaient parfois ainsi leur nom et leur adresse directement dans le décor : les nombreuses personnes qui fréquentaient la galerie ne pouvaient pas la manquer. L’inscription fait ainsi partie du décor de la même manière que les motifs géométriques de la galerie et la mention « mosaïste de l’Opéra » indique qu’il a travaillé sur ce chantier très prestigieux.
On ne compte plus le nombre de ses oeuvres en France dans les bâtiments publics, les édifices religieux, les châteaux, les musées, les théâtres…
A Eaubonne on peut s’enorgueillir à Eaubonne de mosaïques venant de ses ateliers dans le vestibule du château Philipson


Ainsi que dans la maison d’Eaubonne du compositeur Edouard Jouve.

Il meurt à Paris en 1903 et est enterré au cimetière du Père Lachaise dans une chapelle ornée de ses mosaïques.