puis de nouveau de 1852 à 1860
Il est le douzième maire d’Eaubonne ….
Libraire et imprimeur bien connu sur la place de Paris, Raymond-Joseph Plassan voit le jour le 25 janvier 1783 à Paris dans le quartier Saint-André des Arts où son père, Pierre, exerçait également le métier d’imprimeur et libraire. Son père, fils d’un modeste tonnelier de Bordeaux, a eu la bonne idée de faire un apprentissage en 1775 chez Antoine-Claude Saugrain, imprimeur et libraire parisien, dernier en date d’une longue tradition familiale de libraires de père en fils (ou en fille dans certains cas) qui remonte à son ancêtre Jean Saugrain, imprimeur du Roy né à Lyon en 1518 et fondateur d’une des plus anciennes maisons d’imprimerie de France. Pierre Plassan devient libraire en 1779 à la « librairie de l’Hôtel de Thou » à Paris jusqu’en 1791, puis devient libraire indépendant. Début 1810 c’est son fils Raymond-Joseph qui reprend l’affaire. Pierre Plassan a également la bonne idée de prendre comme épouse la fille aînée d’Antoine-Claude Saugrain. Ce couple, marié en 1779, a cinq enfants, dont notre futur maire sera le deuxième. Après avoir servi dans la marine (aspirant 2ème classe de 1801 à 1808), où il aurait reçu une blessure accidentelle le rendant inapte au service, il reçoit la Médaille de Sainte-Hélène après la création de celle-ci en 1857 par Napoléon III pour récompenser les soldats ayant combattu aux côtés de Napoléon 1er pendant les guerres de l’Empire. Il est également nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.
Raymond-Joseph est breveté imprimeur le 1er avril 1811 et libraire le 16 septembre 1828. Avec deux autres imprimeurs parisiens, il réclame en 1830-1831 la suppression des brevets et une aide à l’imprimerie pour faire face au chômage. Il est également l’auteur en 1839 d’un « Mémoire à M. le comte de Montalivet, Ministre de l’Intérieur, sur l’état de l’imprimerie et sur la librairie… » (Paris, imprimerie Terzuolo 1839). Plassan partage son temps entre son domicile parisien (50, rue La Fayette dans le 10ème) et sa maison à Eaubonne rue de Montlignon (dans la partie devenue rue du Dr Peyrot, à l’emplacement de l’actuelle résidence Antin). On ne lui connaît pas d’épouse ni d’enfants. Par contre, sa voisine d’Eaubonne portait un patronyme célèbre : Adèle Catherine Casanova. Elle était la fille de Francesco Casanova, peintre honoré « Peintre du Roy et de l’Académie » en 1750, tellement connu que son frère Giacomo, celui qui s’est échappé des geôles de Venise, se présentait dans les cours de l’Europe comme le frère du « fameux peintre ». Mariée à un certain Charles Gastellier, Adèle a une fille qui épouse Fortuné Domaradsky. A la mort de son mari, Adèle vient vivre avec sa fille dont le mari possède une propriété à Eaubonne, rue du Dr Peyrot, et a, en 1851, comme voisin Raymond-Joseph Plassan qui entame son deuxième mandat de maire. Le recensement de 1851 mentionne Adèle vivant avec sa fille et son rentier de gendre. Dans la maison à côté Plassan est recensé comme vivant seul avec une domestique. Mais cinq ans après, lors du dénombrement de la population de 1856, nous retrouvons Adèle vivant en concubinage avec Plassan dans la maison à côté. Adèle meurt à Eaubonne l’année d’après (le 16 avril 1857), suivi quatre ans après (le 16 octobre 1861) par Raymond-Joseph qui décède dans son domicile parisien