L’église Sainte-Marie

La petite église rustique Sainte-Marie d’Eaubonne est une des plus anciennes et des plus typiques de la Vallée de Montmorency.

L’intérieur de l’église

Le chœur, voûté de deux travées d’ogives, s’éclaire d’un autel avec un retable blanc et or, encadrant une Assomption qui contraste avec la boiserie de chêne sombre et quelques stalles bien simples d’église de village.


Aujourd’hui subsistent deux autels dans la nef :

• À droite, l’autel de la Vierge était appelé autrefois autel de Notre-Dame de la Pitié. À ses pieds se trouve la pierre tombale du curé de 1641 à 1666, Claude de Senemond et de ses sœurs.
• À gauche, l’autel de Saint-Guillaume a probablement été érigé en l’honneur du Maréchal de France, François Guillaume, vicomte Dode de la Brunerie, président des fortifications de Paris, par sa veuve Agathe Virginie Perignon, demeurant dans l’ancien château du fief de Meaux.

Les vitraux du chœur honorent :

• Saint Edmond : sans doute en hommage à Edmond Tarbé des Sablons, fils du maire, résidant au Petit Château, mort à 7 ans en 1861.

• Saint Paul, peut-être offert par la famille Tarbé des Sablons, en mémoire d’un autre de leur fils, décédé jeune en 1853.

• Saint Gabriel, offert par la famille de Gabriel Dehaynin, possesseur de l’ancien château du fief de Meaux (aujourd’hui de la Chesnaie) de 1864 à 1898.

• Saint Henry, peut-être en souvenir du baron Henry Davillier, régent de la Banque de France, qui habitait l’actuel Hôtel de Mézières.

D’autres vitraux évoquent la vie de la Vierge Marie.

L’histoire de l’église

Elle est mal connue jusqu’au XVIIIe siècle, mais l’aspect trapu de l’édifice, avec une nef sans transept, un clocher octogonal implanté au tiers de la structure, une tourelle et des contreforts massifs, semble indiquer une fondation ancienne, datable de l’époque médiévale.

Son architecture interne et externe a notablement évolué. Sur la partie nord, ainsi que l’atteste un plan de 1770 conservé aux Archives Départementales du Val d’Oise, se trouvaient la maison du vicaire, son jardin, une chapelle extérieure et le cimetière. Le cimetière sera transféré en 1847 et la maison du vicaire ainsi que la chapelle seront démolis en 1852 pour cause de vétusté.

On est en droit de se demander si, à l’origine, l’église n’était pas plus petite, pour quatre raisons :

• Le village d’Eaubonne, en 1470, ne comptait que 12 habitants. Pourquoi un si grand volume pour si peu de fidèles (l’église Sainte-Marie actuelle peut accueillir 150 personnes) ?

• L’église était peut-être au départ une simple chapelle de château, aux proportions modestes. Le Clos de l’Olive était un fief mineur.

• Le clocher implanté au premier tiers de l’église peut donner à penser que dans un premier temps, il dominait directement le porche d’entrée et que l’on a ensuite ajouté une nef pour accueillir une population plus importante (quoique encore limitée : 120 habitants en 1754, selon l’abbé Lebeuf, citant le Dictionnaire Universel).

• En tout état de cause, l’intérieur de l’église n’est pas d’un seul tenant : il est composé de quatre parties de largeur différente, comme s’il s’agissait d’ajouts successifs.

On sait seulement qu’elle se trouvait au centre de l’ancien fief de l’Olive, devenu plus tard Clos de l’Olive et rattaché à la seigneurie d’Eaubonne au XVIIIème siècle. Lors de ses démêlés avec le prince de Condé, en 1789, le seigneur du lieu, Le Normand de Mézières, tente de faire remonter sa construction à 1180 en appuyant ses dires sur une charte d’amortissement octroyée par Bouchard de Montmorency. Ce document paraît si suspect aux yeux du Conseil du prince de Condé qu’il le qualifie de faux.

Cette attitude n’empêche pas l’obstiné Le Normand de Mézières d’essayer de prouver que cette église, qui était sans doute, à l’origine, une simple chapelle de châtelain (compte tenu du petit nombre de fidèles à l’époque), date de plusieurs siècles.